Portrait — Bruno Bories, 39 ans de sacerdoce et 18 ans au Secours Catholique
Portrait — Bruno Bories, 39 ans de sacerdoce et 18 ans au Secours Catholique
Bruno Bories est prêtre depuis près de quarante ans. Ancien aumônier du
Secours Catholique dans le Tarn (18ans de fonction), il revient sur son
parcours, son engagement et les valeurs qui l’animent.
Lucie : Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?
Bruno : Bonjour, moi je suis prêtre depuis 39 ans. Je suis au service des paroisses autour
de Saïs et de la Bruyère, là où l’évêque m’a envoyé pour le ministère de curé.
Pourquoi j’ai dit oui ? Parce que ça m’a été demandé. J’ai été curé à Saint-Laurent,
et cela a été associé à la charge de vicaire général que l’évêque m’avait demandé
d’assurer. Donc j’ai pris les deux en même temps.
L : Comment avez-vous été amené à travailler avec le Secours Catholique ?
B : J’avais l’occasion de travailler avec le Secours Catholique, et c’était quelque
chose qui me paraissait intéressant, d’autant que j’avais vu le bien que cela faisait à
des prêtres qui avaient déjà exercé ce ministère.
L : Quel a été votre premier contact avec le Secours Catholique ?
B : Le premier contact dont je ferais mémoire, c’est un séjour à la Cité Saint-Pierre.
Je devais être gamin, et je me souviens de la pendule qu’il y a là-bas, sans aiguille,
avec cette phrase : « la charité n’a pas d’heure ». Cette image est restée dans ma
mémoire. Oui, la charité n’a pas d’heure. À tout moment, on est appelé à vivre la
charité à laquelle le Seigneur nous appelle.
L : Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?
B : Cette expérience du Secours Catholique a été pour moi un approfondissement
d’une présence aux personnes en situation de pauvreté, de manière incarnée. La
pauvreté, ce n’est pas quelque chose, ce sont des personnes. Ce n’était plus
quelque chose, c’était quelqu’un. Le Secours Catholique a été, dans mon ministère,
une grande fenêtre ouverte sur un monde que je ne rencontrais pas par ailleurs dans
les missions qui m’étaient confiées. Et ça, c’est un cadeau.
L : Que représente pour vous le bénévolat ?
B : Le service, le bénévolat, c’est une porte qui s’ouvre et qui fait devenir ce qu’on
ne croit pas pouvoir être. Cela permet d’élargir l’horizon, de découvrir ses faiblesses.
Ce qui est important, c’est l’humilité, la disponibilité, et le fait de se dire : on verra
bien.
L : Quelles valeurs retenez-vous du Secours Catholique ?
B : Le Secours Catholique est un service d’Église, et sa grandeur, c’est d’être ouvert
à toutes les populations : les accueillants, les accueillis, les bénévoles, les salariés,
ceux qui travaillent dans les bureaux. Cela m’a permis de rester ouvert à cette réalité
d’un monde tellement pluriel. Ce dont on a besoin pour être au Secours Catholique,
c’est d’avoir un cœur disponible et ouvert.
L : Un mot pour les personnes engagées ?
B : Cela me permet aussi de remercier les professionnels que j’ai rencontrés au
Secours Catholique, les animateurs, les délégués, qui, venant d’horizons différents,
ont eu à cœur d’avoir une approche professionnelle pour venir de façon effective au
secours des personnes pauvres. Je suis très impressionné par la qualité du
dévouement de dizaines de personnes. Ce sont des choses qui ne se racontent pas,
elles se contemplent. Face à eux, je me dis que je suis un petit garçon.
Merci Seigneur, merci le Secours Catholique.